GTL-TAXI
Groupement national des entreprises de voitures de Taxis et de Location avec chauffeur

23-12-2020 - Bruxelles: Etude socio-économique de l’ensemble du secteur du transport rémunéré de personnes

Les taxis subissent de lourdes pertes depuis des années.

Il y a deux ans, Bruxelles Mobilité a commandé une étude socio-économique de l'ensemble du secteur du transport rémunéré de personnes dans la région de Bruxelles-Capitale. Cette étude avait été jugée nécessaire avant d'entreprendre une réforme en profondeur de la législation.

Le rapport de l'étude a été envoyé il y a quelques semaines aux représentants du secteur des taxis et aux partenaires sociaux bruxellois (Brupartners), qui l’ont examiné l'étude cette semaine afin de pouvoir formuler un avis sur celle-ci.

De lourdes pertes depuis des années

L'étude a identifié de lourdes pertes pour les chauffeurs de taxi bruxellois : en 2013, la perte annuelle était de 11.928 euros par véhicule ; en 2019, elle s'est aggravée pour atteindre un montant négatif de 12.410 euros par véhicule. La recette quotidienne des chauffeurs était de 154,5 € en 2013, pour évoluer à 150,90 € en 2019. Le revenu mensuel brut moyen (hors indemnités) d'un chauffeur de taxi bruxellois s'élèvait à 1.086,50 €, l'employeur étant ensuite obligé de payer le montant manquant pour  atteindre le revenu mensuel minimum moyen garanti de 1.654 € ...

Curieusement, l'étude n'établit aucun lien entre cette situation déficitaire et la forte augmentation de l'offre de transports en quelques années (le nombre de véhicules a triplé). "On ne peut pas le prouver", signale le bureau d’études.

La réalité est différente : jusqu'en 2012, le secteur subissait un arriéré historiques dans l'indexation des tarifs des services de taxi. A partir de 2013, lorsque ces tarifs ont finalement été augmentés et que la situation a commencé à s'améliorer, le secteur a tout à coup subi la concurrence illégale des chauffeurs UberPop (chauffeurs non professionnels, travail au noir, pas assurés,...) et ce pendant 17 mois consécutifs à partir de 2014 et ensuite,  à partir de 2017, par les voitures UberX immatriculées T-L (dont la moitié en provenance  des autres régions).

Pour le GTL, l'excédent de l'offre est évident. L'étude ne montre nulle part que la demande de services de taxi a augmenté proportionnellement à l'augmentation spectaculaire du nombre de véhicules à plaque T-X ou T-L à Bruxelles.

Le bureau d’études conclut, sur base d’une comparaison internationale de 2016,  qu’il existe, en se basant uniquement sur la taille de la population, une marge de progression quant au nombre de Taxis + LVC en RBC.  Mais, le tableau ne comprend pas tous les véhicules T-L à licence wallonne et flamande utilisés à Bruxelles; de plus, l'offre de services de taxis ou de taxis dits « alternatifs » a plus que doublé à Bruxelles depuis 2016.

Quelques conclusions du Bureau d'études:

  • Une première conclusion porte sur l'évolution à long terme vers la « voiture autonome" et la tendance à "la diminution de l’utilisation de la voiture individuelle", et à  "la popularité grandissante des voitures partagées", la « nécessité d’intégrer les taxis dans les plateformes MaaS »  afin que le secteur ne perte pas sa visibilité par rapport aux autres formes de transport.
  • Le bureau d'étude considère à juste titre que « le système actuel des licences de taxi à Bruxelles ne fonctionne plus car il n'empêche la concurrence d’ acteurs qui ne jouent pas selon les mêmes règles »(référence aux voitures sous licences de LVC offrant des services de taxi alternatifs via des plateformes telles que Uber ou Heetch). Le bureau d’études recommande «une autorisation unifiée, avec des règles communes à tous les acteurs mais adaptées à leurs spécificités »
  • « En ce qui concerne le numerus clausus, si la décision est prise d’en fixer un », le bureau d’études conseille « une révision régulière de celui-ci ainsi qu’une meilleure gestion des données qui pourraient améliorer la justesse de ce nombre ».

Le GTL espère que le gouvernement de Bruxelles-Capitale fixera des règles pour garantir une concurrence équitable et pour lutter contre la concurrence déloyale.

Enfin, la Région devrait absolument reprendre le contrôle de la situation au niveau régional. Car pour le moment, il ne l'a plus et cela laisse le champ complètement libre à certaines plateformes pour pirater le système.

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